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C’est de l’or… De l’or transparent. Mais cette richesse n’est pas accessible à tout le monde. Une bonne partie de la planète en est même privée.

Selon une étude menée par l’Unicef, à l’échelle mondiale, plus de 1,42 milliard de personnes ­ – dont 450 millions d’enfants – vivent dans des zones où la vulnérabilité hydrique est élevée ou extrêmement élevée. Parmi ces enfants, quelque 125 millions ont moins de cinq ans et vivent dans des foyers sans accès à une source d’eau potable.

Très concrètement, cela signifie qu’un enfant sur cinq dans le monde n’a pas assez d’eau pour la vie de tous les jours.

© Unicef 

Les enfants sont donc les premières victimes de cette crise. Car quand les puits s’assèchent, ils manquent l’école pour aller chercher de l’eau. Quand il y a moins à manger à cause de la sécheresse, ils souffrent de malnutrition et de retards de croissance. Quand il y a des inondations, ils sont atteints de maladies transmises par l’eau. Et quand les ressources en eau diminuent : ils ne peuvent se laver les mains pour se protéger des maladies.

Les données montrent également que les 80 pays où les enfants ont difficilement accès à l’eau se situent en Afrique de l’Est et australe.

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Pour l’Unicef, la situation est particulièrement grave dans 37 pays dits “sensibles”. Cette liste comprend notamment l’Afghanistan, le Burkina Faso, l’Éthiopie, Haïti, l’Inde, le Kenya, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Soudan, la Tanzanie et le Yémen.

Philippe Henon travaille pour Unicef Belgique depuis 28 ans. Pour lui, la crise de l’eau est bien réelle, les enfants en souffrent. “Il n’est pas rare que pour s’approvisionner, les enfants doivent parcourir 1 à 2 heures de marche chaque jour. Les filles notamment doivent souvent parcourir des distances de 10 km pour trouver de l’eau.”

Les pays dits “sensibles” répondent à un ou plusieurs des critères suivants : au moins 60% des enfants vivent dans des zones à la vulnérabilité hydrique élevée et au moins deux millions d’enfants vivent dans des zones à la vulnérabilité hydrique élevée ou extrêmement élevée.

Demandes en hausse, ressources en baisse

La situation n’est pas neuve. En 2017, l’organisme onusien pour l’enfance pointait déjà les problèmes d’eau pour les enfants estimant qu’en 2040, près d’un enfant sur 4 dans le monde vivrait dans des zones où le stress hydrique sera extrêmement élevé.

Les causes ne sont pas à aller chercher bien loin ; en plus de l’accroissement rapide de la population, de l’urbanisation et de l’utilisation non rationnelle et de la mauvaise gestion de l’eau, les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes réduisent les quantités d’eau potable disponibles.

© Unicef
© Unicef

Les enfants et les familles vivant dans des communautés vulnérables sont particulièrement en souffrance. Non seulement, ils font face à d’importantes pénuries en eau mais ils ont peu de services nécessaires à son utilisation. Leur accès à l’eau en quantité suffisante est donc particulièrement à la merci des phénomènes météorologiques extrêmes.

1 dollar = 40 jours d’eau pour un enfant

D’où l’idée de l’UNICEF de lancer le programme “Water security for allSécurité hydrique pour tous” afin que chaque enfant ait accès à des services d’approvisionnement en eau durables.

L’UNICEF s’engage à fournir, des services d’approvisionnement en eau potable sûrs et d’un coût abordable, le tout géré par des professionnels. L’organisation offrira aussi des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène aux communautés fragilisées par les changements climatiques. Il faudra aussi investir dans des mesures de prévention de la pénurie d’eau et améliorer la coopération entre les pays.

Il y a eau et eau !

Si certains n’ont pas accès à l’eau, d’autres voient leur vie mise en danger par une eau de piètre qualité. Dans le monde, deux milliards de personnes utilisent des points d’eau contaminés par des matières fécales.

L’eau contaminée peut transmettre des maladies comme la diarrhée, la dysenterie, le choléra, la typhoïde et la poliomyélite. On estime que l’eau de boisson contaminée est à l’origine chaque année de plus de 485.000 décès par diarrhée.

L’amélioration de l’approvisionnement en eau, son assainissement et une meilleure gestion des ressources hydriques peuvent réduire la pauvreté.

© Unicef

Des effets sur l’économie et la productivité

Si le nombre de points d’eau augmente, si leur accessibilité est meilleure, les hommes, les femmes et les enfants passeront moins de temps et feront moins d’efforts pour la collecter. Dès lors, leur productivité sera libérée. Comme l’explique très bien, le site officiel de l’Organisation mondiale de la Santé, il peut aussi en résulter une plus grande sécurité au niveau personnel en réduisant le besoin de faire des déplacements longs et risqués pour aller chercher de l’eau.

Les bienfaits ne s’arrêtent pas là. L’amélioration des points d’eau permet aussi une baisse des dépenses de santé en faisant baisser la probabilité de tomber malade et de devoir assumer des frais de santé.

Lorsque les enfants sont particulièrement exposés aux risques de maladies d’origine hydrique, l’accès à des points d’eau améliorés peut leur donner une meilleure santé, épargner le temps passé à aller cherche de l’eau et ainsi améliorer la fréquentation scolaire, avec des conséquences positives à long terme sur leur vie.

© Unicef

Petit lexique de l’eau

L’eau est un trésor, de l’or bien présent et tellement rare à la fois. Le vocabulaire spécifique l’entourant mérite une petite explication.

Pénurie d’eau : il y a pénurie d’eau quand la demande dépasse l’offre et que les ressources en eau disponibles avoisinent ou ont dépassé les limites viables. La pénurie d’eau peut être soit physique soit économique.

Stress hydrique : le stress hydrique est une conséquence de la pénurie d’eau et a trait à la qualité et à l’accessibilité de l’eau. Le stress hydrique peut se manifester par des conflits portant sur les ressources en eau, la surextraction ou des problèmes de santé et des maladies.

Vulnérabilité hydrique extrême : la vulnérabilité hydrique extrême se caractérise à la fois par les niveaux les plus élevés de pénurie d’eau physique et les niveaux les plus bas de services d’approvisionnement en eau potable (eaux de surface, points d’eau non améliorés ou restriction des services liés à l’utilisation de l’eau) dans une population donnée.

Sécurité hydrique : la capacité d’une population à préserver l’accès à des quantités adéquates d’une eau de qualité acceptable pour assurer des moyens de subsistance, un bien-être humain et un développement socio-économique durable, protéger contre la pollution transmise par l’eau et les catastrophes liées à l’eau et préserver les écosystèmes dans un climat de paix et de stabilité politique. Il y a insécurité hydrique quand un de ces besoins, ou tous, ne peut être satisfait.

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